Histoire
Histoire du vignoble de l'Antiquité à l'époque contemporaine

Antiquité

Les Romains, grands colonisateurs de la Provence, de la vallée du Rhône et de la province de Narbonne, qui s'étendait jusqu'à Montauban, ramènent avec eux les premières vignes pour les planter dans le Sud-Ouest. Ces romains conquérants introduisent le vin (plutôt que la bière) comme la boisson la plus importante des gens civilisés.

Les coteaux argilo-calcaires du Sud-Ouest sont bien irrigués, le climat est doux, les rivières navigables et le commerce du vin peut se mettre en place, vers Bordeaux, Rome et le monde Romain mais aussi vers l'Europe du Nord.

 



Moyen-Âge

Le commerce du vin sera un peu perturbé par la chute de l'Empire Romain mais rapidement le développement de la chrétienté permettra un nouvel essor. Le royaume wisigoth de Toulouse stabilise la région pendant près de trois siècles. La viticulture continue de se développer, soutenue par le clergé qui utilise le vin pour la messe.

Mais les invasions successives par les Maures et les Vikings au VIIIème siècle anéantissent la vigne : entre les arrachages et l'anéantissement du commerce maritime le vignoble du Sud-Ouest connaîtra une période très difficile.


 



Les vins du Haut-pays

Le vignoble du Sud-Ouest se reconstitue petit à petit et connait une nouvelle phase de prospérité. Cependant il devra vite s’incliner devant la domination du port de Bordeaux. En effet, les vignerons du Sud-ouest ne bénéficient pas de bons axes de communication pour bien vendre leurs productions, le port de La Rochelle ayant été fermé aux exportations à destination de l’Europe du Nord.

L’histoire débute avec le mariage en 1152 d'Aliénor d'Aquitaine et Henri II d'Angleterre, qui fait entrer l’Aquitaine dans l’empire Plantagenêt. Commence alors à se développer un marché florissant du vin à partir du port de Bordeaux.

En tant que port le plus important de la côte Atlantique, Bordeaux exerçait un contrôle sur les entrées et les sorties des vins produits en grandes quantités dans l’arrière-pays, sur la Garonne. Ces vins prennent le nom de « Vins du haut-pays », dont la qualité est reconnue. Les vins sont nommés par le nom du port qui les expédie : Cahors, Gaillac, Moissac... ou par celui de l'expéditeur : les vins chargés au port de Rabastens prennent le nom de Gaillac puisqu’ils sont envoyés par l'Abbaye Saint-Michel de Gaillac.

Une fois parvenue à Bordeaux, une partie des vins est chargée sur des vaisseaux long-courriers et vendus sous le nom des régions d’origine. L’autre partie est achetée par les marchands de la ville et servent à allonger leurs propres vins avant d’en exporter le mélange obtenu. Ainsi se développe le marché du coupage mais le négociant vend du bordeaux et peu à peu, Cahors ou Gaillac vont y perdre leur identité.

 


Les Vins du Sud-Ouest bénéficient toutefois d’un commerce prospère jusqu’en 1241, date à laquelle les viticulteurs bordelais obtiennent du roi Henri III d'Angleterre le privilège bordelais, interdisant aux vins du haut-pays d'entrer dans le port de Bordeaux avant la Noël. Ces importants privilèges fiscaux et douaniers permettent aux vins bordelais d’obtenir la primeur auprès des clients et de s’approprier des marchés que les viticulteurs du haut-pays avaient pu développer pour leur propre exportation.

Bordeaux enclenche alors une progression vers un processus de production plus moderne et de qualité, notamment en réinvestissant certains de ses profits dans le drainage et l’amélioration de ses abords marécageux. En Angleterre le développement des coffee-houses, lieu à l’époque assez huppé, provoque une demande d’amélioration de la qualité du vin importé. Bordeaux devint de plus en plus capable de répondre à cette demande dû notamment à une recrudescence du nombre de domaines viticoles, aux vertus des barriques en chêne neuves et à l’usage de la bouteille en verre et du bouchon en liège.
 

 

L'époque contemporaine

Les vins de masse

En 1773, Louis XVI met fin au privilège bordelais. Cependant, le vignoble du Sud-Ouest n'en profite pas longtemps car les guerres de la Révolution et de l'Empire viennent bloquer le commerce maritime de Bordeaux. Les besoins en vin de coupage sont suspendus, poussant les vignobles du haut-pays à rechercher d'autres marchés. Celui de la classe ouvrière est en plein essor mais il nécessite des vins à bas prix. Pour cela, des cépages productifs sont plantés ce qui aura pour conséquence d’endommager la renommée des vins.

 

 

Le Phylloxera

L'arrivée du Phylloxera dans les années 1860 va dévaster le vignoble et cette tragédie atteint plus sévèrement le Sud-Ouest car une grande partie de ses terres étaient consacrées à la viticulture. En réunissant Bordeaux et le reste du Sud-Ouest, la région était considérée comme la plus importante productrice de vin au monde.

Il fallut presqu’un siècle au vignoble du Sud-Ouest pour se remettre de cette crise dramatique, aggravée par le déclin économique des années 1880. Quelques vignerons eurent la possibilité de replanter leurs vignes à l’aide de porte-greffes américains, seul moyen trouvé afin de les immuniser contre la maladie. Cependant il demeura une dépense impossible pour de nombreux petits paysans-fermiers.


Le XXe siècle

Durant le XXe siècle, la production de masse de vins de table permet le développement d'un grand vignoble, à partir de cépages productifs et dans les zones fertiles. Ces éléments discréditent les productions de vin de qualité mais la production de vin de table est plus rémunératrice.

Le renouveau va éclore, paradoxalement, d'une nouvelle catastrophe. Le gel de 1956 anéantit une partie des vignes et seuls les plus motivés et coriaces replantent. Grâce à leur enthousiasme et à l’apport technique et financier des rapatriés d'Algérie, on assiste à la renaissance de ce vignoble, qui retrouve progressivement ses lettres de noblesse. La restructuration des vignes s'accompagne du réencépagement en variétés régionales ou locales qualitatives. C’est alors que les reconnaissances géographiques (AOC, VDQS ou vin de pays) viennent consacrer ces années d’efforts pour de nombreux vins locaux, comme le Bergerac, qui obtint son A.O.C. en 1936, ou le Madiran en 1948.


 

Territoire

Parler du Sud-ouest, c'est avant tout évoquer un territoire unique, de l'Aveyron au Pays basque : une mosaïque de terroirs et de paysages exceptionnels.